« Donner un sens à la souffrance », par Mgr Perrier

Cette année, le message de Benoît XVI insiste sur les sacrements de la guérison: pouvez-vous nous en dire davantage?
Depuis le concile Vatican II et la réforme liturgique qu’il a induite, l’Eglise ne parle plus d’ « extrême onction », avec ce que ces mots comportaient de funèbre dans la mentalité commune. Mais c’est une erreur de qualifier l’onction des malades de « sacrement des malades », comme si elle était le seul sacrement qui soit adapté à la situation des malades. La réconciliation et l’Eucharistie sont aussi des sacrements des malades. L’Eucharistie n’est-elle pas le gage de la vie éternelle ? « Qui mange ce pain vivra pour toujours. »


Il y a un type de maladie particulièrement difficile à accompagner, la maladie mentale: vous recommandez les sacrements aussi pour ces maladies?
Oui. Pourquoi en seraient-ils exclus ? La maladie psychique et la grâce du sacrement ne se situent pas sur le même plan. Mais l’être humain est unifié. Les interactions sont possibles. Mais les sacrements de guérison spirituelle ne dispensent pas des soins médicaux, qu’ils soient corporels ou psychiques.


Quels sont les défis que les aumôniers d'hôpitaux doivent affronter aujourd'hui?
Le défi principal, dans notre culture actuelle, est de donner sens à une souffrance que les progrès de la médecine ont permis de réduire, mais non d’éliminer. Cette souffrance est elle-même multiple, et pas seulement physique. L’itinéraire qui mène à l’offrande est un chemin ardu. Le pape Jean Paul en avait humblement parlé à Lourdes le 15 août 1983. C’est un vrai chemin de conversion : la prière de la communauté chrétienne et de la communion des saints doit être sollicitée.

      Entretien (fév. 2012) à l’occasion de la Journée mondiale du Malade, fixée par Jean-Paul II au 11 février, en la fête de Notre Dame de Lourdes.

Source Zenit, Fév 2012

Tag(s) : #Epreuve - souffrance
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